jeudi 9 septembre 2010

L'EXPERT RIDICULE

M. Claude Jeancolas a affirmé le 8 septembre dans un communiqué à l'AFP que Rimbaud ne peut se trouver sur la photo d'Aden, puisqu'y figure l'explorateur Henri Lucereau, qui aurait été absent d'Aden en août 1880, lorsque Rimbaud s'y trouvait (texte de la dépêche).

Ci-dessous, la preuve du contraire, en provenance du ministère des Affaires étrangères.

Soit M. Jeancolas est un rigolo qui ne connait pas le dossier, soit il a sciemment diffusé une fausse information. En tout état de cause, il est surtout expert, désormais, en ridicule *.

Lettre autographe d'Henry Lucereau
au consul de France à Aden, Albert Delagénière

Aden, 13 août 1880

© Archives du ministère des Affaires étrangères et européennes, Nantes
(réf. : Aden, Vice consulat, 12/PO/1/19)




* Il y a quelques mois l'expert s'était déjà illustré en déclarant sentencieusement que les personnes figurant sur la photo étaient "des touristes"... Une fois de plus, l'acharnement de quelques uns contre cette photo est assez sidérant. On en trouvera un autre exemple dans le compte-rendu d'une rencontre entre Alain Borer et les Amis de Rimbaud : blog de Loïc Bodin. Il est assez pitoyable de voir des spécialistes éminents comme Jeancolas et Borer se transformer en roquets ridicules, parce qu'on a "abimé l'image" (Jeancolas) de "leur" Rimbaud...

jeudi 17 juin 2010

Rimbaud et le Che

De nombreux observateurs, sidérés par les développements de ce dossier, nous demandent comment nous expliquons les réactions extrêmes, aussi minoritaires que profondes.

Voici l'une des raisons, à travers un exemple typique, mis en ligne dès le 18 avril, en réaction à la présentation de la photo au Grand Palais :

Non à Rimbaud adulte !
par Sheila Louinet


(…)


Ce n’est plus le mythe Rimbaud que nous observons mais la figure bien trop banale d’un homme. Aussi, nous l’affirmons catégoriquement, nous refusons ce portrait, non, ce ne peut être Arthur Rimbaud !


La déception est trop grande et nous voulons conserver à tout prix l’image d’un marcheur parti en exil le jour où ce génie a compris que l’action, la révolution, ne pourrait se faire dans la poésie.


(...)

Source : Le courant info

À ce sujet une petite note percutante de Loïc Bodin : Le Christ et Arthur Rimbaud

Et pour le reste, consultez votre dictionnaire usuel des petits travers de l'être humain (jalousie, aigreur, volonté de puissance, orgueil, etc.)

Rimbaud - Monsieur Ducoffre

Suite à la diffusion de notre communiqué du 13 juin, plusieurs sites ont pris des mesures (nous les remercions pour leur vigilance). 24 h plus tard, M. André Gunthert, responsable de Culture visuelle, annonçait dans un message public que les messages déposés sur son site sous les noms de Marie Rinaldi, Jérémie Lucereau et David Ducoffre provenaient d'une seule et même adresse IP.

Voici le message initial :

"Vérification faite, il s’avère que les soupçons d’Alban Caussé et Jacques Desse sont parfaitement fondés: les commentaires ci-dessus signés Jérémie Lucereau, Marie Rinaldi et …David Ducoffre n’ont qu’une seule et même adresse IP! Lorsqu’on veut jouer au petit jeu des masques sur internet, encore faut-il veiller à ne pas laisser des traces aussi grossières.

Un tel procédé dit tout du personnage. D’accord avec Carloman, les menaces sont superflues à l’endroit d’un petit rigolo comme Ducoffre. Il suffit que l’on sache désormais avec quel degré de sérieux apprécier ses “scoops” – ou toute annonce fracassante du même tonneau…"


M. David Ducoffre prépare une thèse sur Rimbaud, il a publié des articles sur la littérature française du XIXe siècle, en particulier dans la revue d'études rimbaldiennes Parade sauvage. Depuis le 15 avril dernier, il a tenté, au travers d'innombrables et très longs messages sur le forum www.mag4net/Rimbaud (sous le pseudonyme de David), de démontrer que Rimbaud ne figure pas sur la photo de l'Hôtel de l'Univers. La discussion, acharnée, restait alors dans le cadre normal du débat intellectuel.

Le 13 mai (5 h 44), "David" diffusait un bref message annonçant : "Incroyable, le gars sur la photo aurait été identifié et donc ne serait pas Rimbaud". Suivi d'un autre message, le 14 mai (2 h 00), tout aussi laconique, indiquant qu'il s'agirait de "Lucereau". S'ensuivit un silence d'une semaine, jusqu'à ce que l'animatrice du forum annonce avoir identifié Lucereau sur la photo, information que nous avons confirmée, ayant déjà été informés par Mme Jacqueline Sibertin-Blanc, née Lucereau (c'est l'homme debout à gauche sur le cliché).

"David" réapparut alors, donnant des informations élaborées par lui-même et M. Jacques Bienvenu, dans un déluge de messages, où il revendiqua d'ailleurs la découverte, en association avec M. Bienvenu, de la présence de Lucereau (il savait donc très bien que c'était l'homme debout à gauche). La collaboration de "David" au Forum Rimbaud, dont il était le pilier depuis 10 ans, a cessé le 5 juin.

A partir du 9 juin de fausses informations ont été diffusées sur le forum Rimbaud, dans une série de messages annonçant des révélations fracassantes, une conférence de presse, etc., sous le pseudonyme "Circeto" (qui suggèrera le 12 juin au soir qu'il s'agissait d'une sorte de canular…). Le 12 juin, très tôt le matin, une série de messages, sur plusieurs sites, a repris ces fausses informations, en ajoutant d'autres, très précises. Ces messages émanaient de divers pseudonymes -pour suggérer que plusieurs personnes intervenaient-, l'un était signé d'un vrai nom : David Ducoffre. Le lendemain, des "discussions" étaient ouvertes sur une série de forums, usant de la même méthode : mélange de vrai et de faux, destiné à semer le doute.


Monsieur Ducoffre a certes le droit de ne pas aimer cette photo ou de ne pas y croire, et de le dire. Mais il y a la manière de le faire. Nous avions très clairement annoncé que nous ne laisserions pas faire n'importe quoi, et que si des actes relevaient de la diffamation, du dénigrement, du harcèlement ou de la diffusion de fausses informations dans l'intention de nuire nous agirions pour défendre notre réputation.

Depuis plus d'un mois nous ne travaillons plus, devant nous occuper à temps plein de faire face à ces attaques incessantes, et cela a toute une série de conséquences sur notre activité et sur notre vie privée. Si nous laissions faire sans réagir, une telle campagne, si facile à mener sur Internet, pourrait finir par déconsidérer ce cliché. Or, non seulement nous avons à défendre notre réputation professionnelle, mais nous avons aussi une responsabilité vis à vis de l'acheteur de la photographie.

A ce jour, M. David Ducoffre n'a pas démenti être l'auteur des messages anonymes et mensongers diffusés les 12 et 13 juin 2010. Et, le 16 juin, il a recommencé à déposer des messages à droite et à gauche, sous son nom, reprenant divers arguments présentés précédemment, y compris dans les messages anonymes.

Alban Caussé et Jacques Desse
SARL Chez les libraires associés

Suite à la publication de ce message, Mme Magdalenat, créatrice et responsable du site mag4.net/rimbaud, sans doute blessée de ce qu'elle estime être une remise en cause de son forum, a supprimé sans préavis nos comptes, nous interdisant de répondre aux messages nous concernant, mais aussi d'en prendre connaissance. Cela dénote une conception surprenante du débat et de la liberté d'expression.

dimanche 13 juin 2010

RIMBAUD : communiqué

COMMUNIQUÉ

Des messages diffusant de fausses informations sur la photo de Rimbaud ont été postés sur différents sites, sous les noms de Lara, Marie Rinaldi, Maria Rinaldi, CédricVerbeckmoes, Jérémie, Jérémie Lucereau, Jérémie Lepetit, etc. Une partie de ces messages a été bloquée par des webmasters, pressentant la manipulation.

Ces messages proviennent d'une même personne. Ce personnage et une poignée d'autres, n'ayant pas réussi à trouver le moindre élément qui contredise la présence de Rimbaud sur ce cliché, en viennent, de manière totalement irrationnelle et irresponsable, à pratiquer la tactique de la terre brulée, par la désinformation et le harcèlement.

Précisons que cela fait deux mois que durent ces attaques, dont ce qui apparaît sur le Net n'est que la partie visible.

Par ailleurs, une nouvelle vague de messages, de même facture, a été mise en ligne ce matin 13 juin vers 5 heures sur de nombreux forums (France 2, Etudes littéraires, Macadam, Grain de sel, Partagelecture, Discutons.org…). Ces messages donnent un lien renvoyant en apparence vers le site de la revue Histoires littéraires.

L'auteur de ces manipulations aura très bientôt à rendre compte de ses actes.

Pour notre part, nous publierons prochainement un important dossier faisant le point sur l'histoire de cette photographie de Rimbaud, donnant des informations toutes récentes, ainsi que les pistes nouvelles qu'ouvre cette recherche.

Alban Caussé et Jacques Desse

Voir les suites de ce communiqué dans notre message du 17 juin

samedi 12 juin 2010

PHOTO RIMBAUD : nouvelle énigme

Le cliché ci-dessous a été pris le 11 juin à Charleville-Mézières, à quelques pas de la maison Rimbaud. Il est de mauvaise qualité, mais les deux types sur les côtés semblent être des libraires parisiens (mais la calvitie de celui de gauche n'a pas le même aspect que sur d'autres clichés connus).

Problème : qui est leur pote SDF, avec son look seventies ? Il ressemble au faux portrait de Rimbaud par Carjat-Berrichon. Une remarque : les jeunes ardennais ont souvent une implantation de cheveux très dessinée, formant une pointe sur le front. Ce n'est pas le cas ici, semble-t-il : serait-ce un touriste de passage ?



Copyright AFP / Libraires associés / Adoc-photos

mercredi 9 juin 2010

Révoil sur la photo d'Aden ?

Jean-Jacques Lefrère nous fait suivre cette communication de M. Jérémie Sibertin-Blanc, petit fils de Mme Jacqueline Sibertin-Blanc (née Lucereau), qui signala la présence de son ancêtre explorateur sur la photographie d'Aden :

"Cher Monsieur,
Je reviens de la bibliothèque historique et suis certain que le premier homme assis à l'extrémité gauche est l'explorateur Révoil. La comparaison entre le coin de table à Aden et le portrait photographique publié dans le Numa Broc (Dictionnaire des explorateurs français, p. 278) ne permet pas de conclure autrement : même âge, même finesse de visage, même barbe, même implantation des cheveux avec les tempes très largement dégarnies, même coupe de cheveux... C'est le même individu. Le portrait dans le Numa Broc, qui est d'une très grande qualité, n'est pas daté, mais doit avoir été pris peu de temps avant ou après le séjour de Révoil à Aden. La ressemblance est frappante. L'erreur d'appréciation est évidemment toujours possible dans la mesure où le visage sur le coin de table à Aden est assez lointain.
Peut-être avez vous déjà confirmé l'hypothèse. Dans ce cas ce message ne fera que conforter vos recherches.
En espérant que ces éléments s'ajouteront utilement à vos travaux,
Jérémie Sibertin-Blanc


Si la constatation faite par M. Jérémie Sibertin-Blanc est confirmée, un autre figurant du coin de table d'Aden serait identifié, précisément celui dont le matériel photographique fut utilisé... et qui ne manipula donc pas lui-même l'obturateur ! Il existe divers portraits de Révoil, qui le présentent sous des apparences assez différentes. Tout renseignement est bienvenu !


Portrait reproduit par Numa Broc, ici inversé


Un autre portrait, inconnu
Gravure d'après un autoportrait photographique de 1882-83

samedi 5 juin 2010

RIMBAUD, nouvelles informations

Nous sommes désormais en mesure de dater très précisément la photo de Rimbaud à Aden, de donner le nom du photographe qui l'a réalisée, la technique employée, et, avec une forte probabilité les noms des 7 (ou plutôt 8) personnes qui y figurent !

Ce cliché est désormais la photographie de Rimbaud sur laquelle on possède le plus de renseignements.


Son intérêt va même au-delà de ce que l'on pouvait imaginer, puisque, nous écrit André Gunthert :


"cette image n'est pas seulement un document extraordinaire du point de vue de l'histoire littéraire, c'est aussi un témoignage exceptionnel du point de vue de l'histoire de la photographie"


Jean-Jacques Lefrère publie ces informations dans un article de synthèse, en attendant la publication de notre étude avec appareil critique.

Voir l'article : Le Nouvel observateur ; L'Express ; La Quinzaine littéraire

À lire aussi, en particulier :

Deux pages sensibles de Michel Crépu dans la Revue des Deux Mondes de juin 2010

"Un autre que celui-là, où l'on eût retrouvé en palimpseste l'ange rebelle m'eût déçu ; il m'eût menti..."

Un blog qui nous avait échappé, Anagnosis, de François Gadeyne : La nouvelle photo de Rimbaud est-elle rimbaldienne ?



Joli clin d'oeil de Thalassa,
pour le forum Rimbaud

vendredi 4 juin 2010

Rimbaud à Aden, de la photo à l'icône (suite)

Rimbaud l'Africain en BD :

Le chapeau de Rimbaud, par Laurence Maurel et Christian Straboni (Akileos, juin 2010)


En voir plus : ici

Le même revu par Thalassa, pour le forum Rimbaud

vendredi 7 mai 2010

Rimbaud, nouvelles informations

* Un très intéressant dossier de 8 pages dans le Magazine littéraire du mois de juin, sur la photo et de nouveaux documents présentés au Musée Rimbaud de Charleville-Mézières (où l'on découvre, p. 17, que le bon critère pour authentifier un portrait, c'est qu'il soit plaisant !)


* "Irréductiblement cette image est vraie" : un commentaire intello mais pas idiot, par Aliette G. Certhoux, sur : la Revue des Ressources (en bas de la page)


* Une perle dans le bêtisier rimbaldien :

Claude Jeancolas (nous admirons beaucoup les 92 livres qu'il a publiés sur Rimbaud) explique, en gros, que Rimbaud ne peut pas être sur cette photo puisqu'il n'y a pas une tête de poète (au prix d'une erreur factuelle par phrase...). Et voici un scoop : la photo montre "un groupe de touristes" (revenant probablement d'une séance de plongée en mer Rouge...). À déguster ici : L'imposture de la "nouvelle" photo de Rimbaud


* Dans Le Monde du 9-10 mai 2010, "Rimbaud, le mythe et le visage",
une tribune de Jean-Jacques Lefrère, Alban Caussé et Jacques Desse :
analyse des réactions, et de nouveaux éléments d'information sur la photo

Le cliché retrouvé constitue le neuvième portrait photographique connu de l'homme aux semelles de vent. Le neuvième connu, peut-être pas le dernier... en ligne ici

* Notre témoignage sur les coulisses de cette découverte :

"Comment avez-vous trouvé la photo de Rimbaud ?", ne cesse-t-on de nous demander. A quoi je réponds le plus souvent : "En ne la cherchant pas !". En effet, nous n'avons pas "trouvé une photo de Rimbaud", mais juste un lot de photos anciennes, qui se sont avérées provenir de l'entourage de Rimbaud à Aden, et parmi lesquelles nous avons fini par identifier Rimbaud lui-même, après de longues recherches. C'était il y a plus de deux ans, un carton de livres et documents, comme nous en voyons tous les jours, sans grand intérêt à première vue...
La suite sur le site Ricochet.


* Une étude d'André Gunthert, expéditive mais stimulante : L'atelier des icônes


* Et un après-coup du journal suisse Le Temps : Rimbaud, un portrait sous tension par Luc Debraine

jeudi 6 mai 2010

RIMBAUD, réactions

Découverte de la photographie inconnue de Rimbaud adulte :


réactions et commentaires

Parmi des milliers d'articles et de commentaires (de la une du Monde à Gala, de
Dallas-News à La Voz del Sandinismo, d'Associated Press au site gay Illico, de Die Welt à Elle... en passant par le Japon, la Russie, le Vietnam, l'Albanie ou le Yemen...)

Revue de presse nationale : ici

Revue de presse internationale : ici


Quelques films et articles :

Interview filmée sympa : ici

Reportage de TF1 : ici

Reportage de France 2 : ici

Reportage de France 3 : ici

J-J. Lefrère et J. Desse (pas très à l'aise !) invités de Jean-Pierre Elkabbach pour "Bibliothèque Médicis" : ici (début de l'émission)


Des commentaires émus ou curieux :

"Mon doux, que pense-t-il ?" : pour le plaisir de l'accent québécois, émission de Christiane Charette et Robert Lévesque : Radio Canada

François Bon, Philippe Bilger ; Rimbaldissimo, librairie Dialogues, Raphaël Sorin, (d'autres suivront...)

"ce n'est rien, Rimbaud s'est envolé" - une anecdote joliment racontée sur un blog : ici

un surprenant article dans Le Canard Enchaîné, par Jean-Luc Porquet (édition du 21 avril 2010, ça ça ne se trouve pas sur le Net...!)

Il y a, désormais, un visage d'homme au revers du médaillon de ce poète de 17 ans écrit Patrice Béray ("Ah, Rimbaud, quel dur métier de vivre", accessible par abonnement sur Mediapart)

un long texte de l'écrivain Anne-Marie Garat, avec des remarques nouvelles et stimulantes : ici

un intéressant début de décryptage de la réception de la photo par Quentin Girard sur le site Slate

"L'univers est son hôtel...", conclut Philippe Sollers dans son Journal du mois (Journal du Dimanche, 25 avril 2010)

Le titre le plus spirituel : "Bonne nouvelle ? On a retrouvé le fils de Madame Rimbaud"

La palme de la polémique gratuite revient à Arrêt Sur Images de Daniel Schneidermann. Alain Korkos y annonce qu'il détient la preuve que la photo ne représente pas Rimbaud (et donc que nous sommes des escrocs). Demandez-la lui ici

Terminons sur un plus rigolo : ici

mercredi 5 mai 2010

Rimbaud sous morphing

Après le portrait robot, la photographie qui parle (âmes sensibles s'abstenir !)

(vidéos postées sur YouTube)





jeudi 29 avril 2010

UNE NOUVELLE ICONE ?

Plusieurs artistes se sont déjà emparés du visage de Rimbaud adulte, qui orne désormais un mur de la Demeure du chaos, de Thierry Ehrmann :


©2010 www.AbodeofChaos.org


mercredi 28 avril 2010

RIMBAUD au Grand palais, photos souvenirs

PRÉSENTATION DE LA PHOTO DE RIMBAUD
au Salon international du livre ancien
Grand Palais, avril 2010
Jacques Desse alban caussé jean-jacques lefrère arthur rimbaud photo adulte aden

© Libraires associés


Fin mars, chez l'imprimeur : après des heures de galère (l'énorme fichier faisait planter les machines), le traceur crache enfin les agrandissements.


Début avril : salon du livre ancien de New-York - 10 jours de bonheur sous le soleil !


12 avril : la navette de l'hôtel est en panne, c'est finalement une immense limousine qui vient nous chercher pour nous amener à l'aéroport (bon présage !?)


14 avril : livraison du nouvel ouvrage de Jean-Jacques Lefrère, avec la photographie en couverture (les éditions Fayard avaient arrêté la fabrication du livre pour changer la couverture, dans le plus grand secret)


15 avril : au boulot !




Pendant l'installation (va-t-on réussir à ouvrir à l'heure ?!)


© Studio LWA


Le stand enfin prêt






Visite du ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand






De la jeunesse autour de Jean-Jacques Lefrère


© Studio LWA


Des libraires épuisés et heureux...




Nelly Kaplan


Visite de l'association des amis de Rimbaud © Studio LWA


Lecture © Studio LWA


Jacqueline Teissier-Rimbaud, arrière petite nièce d'Arthur Rimbaud © Studio LWA


Petite pause pour Jean-Jacques Lefrère





Et, en exclusivité, voici le visage de l'acheteur :


© Libraires associés

vendredi 23 avril 2010

RIMBAUD et les chercheurs de poux

Contribution au micro-débat sur la photo de Rimbaud adulte

Ce débat est légitime, nous nous sommes nous-mêmes posé les mêmes questions, et quantité d'autres. Avant d'y répondre, nous avons, par exemple, compulsé sur Gallica tous les ouvrages et périodiques parlant d'Aden des années 1870 à 1890. Ça fait quelques milliers de pages, faites l'expérience...

Ce qui me fait doucement rigoler, c'est que l'iconographie officielle du poète semble n'avoir jamais, elle, été regardée d'aussi près. Par exemple :

Le portrait par Carjat, cette image célébrissime, est reproduit en deux versions différentes. Sur le cliché de la BnF, Rimbaud est droit ; sur celui de Charleville, il est penché. Cela ne donne pas du tout la même impression. Quel est le vrai ?




Qui a remarqué, MM. les Censeurs, que la tache sur ce portrait, sur la lèvre supérieure, n'en n'est pas une, mais une sorte de défaut de pigmentation et de conformation de la lèvre ?

Je n'ose imaginer ce qui se serait passé si c'était nous qui avions découvert les trois autoportraits de Harar, où Rimbaud ne se ressemble guère, et n'est ni fringuant ni romantique... Les mêmes auraient glapi au scandale, et puissance 10 ! "Quoi, ce bagnard fantomatique c'est Rimbaud, vous vous foutez de qui ?!?". Je pense même que, sauf preuve majeure, irréfutable, les accompagnant, nous n'aurions pu les faire admettre (et encore, beaucoup auraient hurlé au faux). Cela donne à penser...

JD

RIMBAUD, photos retouchées

Nous avons diffusé une image brute (sans même toucher à la luminosité et au contraste), puisqu'il était hors de question de présenter un cliché "amélioré".

Les images ci-dessous proviennent du forum de www.mag4mag/rimbaud (un grand merci à Thalassa et au webmaster du site).

Flou retiré :



Rapprochement des yeux de la photo dédoublée et de ceux des photos "Carjat" :



Comparaison du menton et de l'implantation oblique des cheveux sur la tempe gauche :



Comparaison des proportions du visage, avec l'un des autoportraits de Harar :

Copyright mag4mag/rimbaud

Ci-dessous l'image très fortement contrastée : on voit apparaître, en particulier, les creux sous les pommettes qui se remarquent sur les photos de Harar (et déjà sur le portrait de 1872 par Garnier) :



La même, inversée :



L'originale inversée (en miroir) :

RIMBAUD, portrait robot

Une superposition de la photo de Rimbaud à 16 ans et de notre portrait, réalisé par l'excellent site www.mag4.net/Rimbaud.

Le portrait de Carjat appliqué sur la photo d'Aden avec une transparence de 50 % : les deux se superposent exactement. Une seule différence : l'implantation des cheveux, qui s'explique probablement par l'inclinaison de la tête et la coiffure (la racine des cheveux n'apparaît pas sur les portraits de Rimbaud jeune, aux cheveux longs).

En tout cas le résultat est troublant, nouvelle image qui s'apparente à un portrait robot :

Copyright www.mag4.net.

lundi 19 avril 2010

RIMBAUD (4)

La photographie d'Arthur Rimbaud adulte

En 24 heures, cette image était célèbre dans le monde entier, publiée dans tous les médias, et présentée ou commentée dans plus de 30 000 pages sur Internet.

Nous essaierons de raconter un jour la petite histoire de cette découverte, les doutes, les angoisses, les rebondissements, les journées de délire qui ont suivi l'annonce, les rencontres, les innombrables anecdotes, parfois cocasses, souvent émouvantes, qui ont suivi.

Nous n'aurions rien pu faire sans la passion qui anime M. Jean-Jacques Lefrère (et sa merveilleuse famille). Nous n'appartenons à aucune coterie, encore moins à tel ou tel clan rimbaldien, mais nous pouvons témoigner d'une chose : M. Lefrère est un grand monsieur.

Nous savions que la sortie d'un tel document devait être minutieusement préparée, tout en préservant une confidentialité absolue. Beaucoup ont accepté de garder le secret tout en participant, à des titres très divers, à cette aventure, parfois en acceptant de nous suivre sans même savoir, jusqu'à la dernière minute, ce dont il s'agissait exactement.

Certains sont déjà remerciés dans l'article de la revue Histoires littéraires, dont José-Marie Bel, le spécialiste du Yemen (www.espacereinedesaba.org).

Que les autres sachent que nous ne les oublions pas :

Abdel, Raphaël Thomas, Emilie Zitter, Nicolas Codron, Jacky Gallois, Jeanne Caussé, Gérard Caussé, Anne-Marie Coulon, Jacqueline Damars, Marta, José et l'équipe d'ABG reprographie, l'atelier Cadre Exquis, Denis Canguilhem et l'agence ADOC-photos, Frédérique Libaud et l'agence FLAG, les éditions Fayard, Bernard Legleu, Michel Frizot, Philippe Raux, Cécile Griesmar et Hélène...

et aussi Mmes et MM. : Alain Tourneux (Musée Rimbaud), Laurence Ferrari et Cathelyne Hemery (TF1), Mohammed Aïssaoui et la rédaction du Figaro, Jérôme Dupuis (L'Express), Jean-Luc Soulé, Marie-Françoise Bodard (Le Point)...

Pardon à tout ceux à qui nous n'avions pu rien dire, qui ont pris la chose avec panache. Les gestes de certains de nos confrères nous ont profondément touché (Benoît, Rodolphe, Jean-Bernard, Henri, Pierre W., Michel S., Chantal, Blanche, Edmonde et Jean-Etienne Huret...).

Merci aux dizaines d'amis, clients, ou passionnés, qui nous ont adressés de si chaleureux messages, auxquels nous ne sommes pas en mesure de répondre dans l'immédiat.

Et bravo à notre plus jeune correspondante, Lise Cerisier, prometteuse élève de CM2 !

Nous mettrons en ligne dans les prochains jours des photographies de l'aventure, et quelques commentaires.

Alban Caussé, Jacques Desse et Thibaut Brunessaux.

Je ne suis pas rimbaldien...

Je ne suis pas rimbaldien et encore moins spécialiste, juste libraire.

Mais j'ai eu le privilège de passer deux ans et demi en compagnie de cette photographie d'Arthur Rimbaud adulte, de partager l'intimité de ce visage pendant des dizaines d'heures, de croiser ce regard des milliers de fois, pendant tout le temps qu'a duré cette recherche.

Je ne vais pas revenir sur certaines âneries prévisibles qui parsèment blogs ou messages (sur ces points, une fois de plus, d'abord lire l'article d'Histoires littéraires et réviser les biographies de Rimbaud !), ni sur les bourdes d'éminents rimbaldiens, sans doute en proie à l'émotion ("Rimbaud n'a pas pu passer à l'Hôtel de l'Univers en 1880", "Il n'y avait qu'un hôtel à Steamer Point", etc.).

Seule me choque profondément l'affirmation selon laquelle cette photo briserait le mythe. Certains même, ne craignant pas le ridicule, affirment que nous n'aurions pas dû rendre cette image publique, qu'elle est forcément fausse puisqu'elle ne correspond pas à ce qu'ils ont envie de croire, etc.

Rimbaud était une icône, il devient ici un homme, dit-on. Un homme quelconque, qui n'a pas l'air très sympa, "crapule coloniale" parmi d'autres (Gérard Lefort, on se souvient de vous moins bête !). Eh quoi, le poète le plus célèbre du monde aurait-il été un homme, comme vous et moi les lambdas, comme le Christ même, à ce que l'on dit ? Peut-être même allait-il à la selle, comme tout le monde ? Oh stupeur !!!

A ma connaissance, aucun spécialiste de Rimbaud n'a émis de tel propos, et j'ai été surpris de voir que la grande majorité des connaisseurs (dont les membres de l'association des Amis de Rimbaud) intégraient ce portrait nouveau, qui est assez dérangeant, sans réticence. De fait, les rimbaldiens connaissent "intimement" Rimbaud, savent qui il était dans la deuxième partie de sa vie, et cette photographie ne vient qu'illustrer, donner corps, à ce que l'on savait ou pressentait déjà.

Comme l'ont relevé beaucoup d'anonymes, cette image est profondément émouvante. La plupart des visiteurs du salon du livre ancien au Grand palais ont été très touchés en la voyant. Plusieurs fois, certains ont évoqué Jacques Brel et Patrick Dewaere : pas pour une ressemblance physique, mais parce que cet homme apparaît terriblement intense autant que fragile, écorché qui brûle sa vie sans délai. Et seul.



Lorsque je me trouve face à l'image scannée en haute définition, face à cet oeil translucide à la pupille effrayée, qui vous fixe et semble venir ou partir de l'au-delà, il me semble -malgré moi- reconnaître le faux Rimbaud, l'icône de l'adolescent poète bâtie par Carjat. Le génie révolté de 17 ans et le contremaitre d'Aden sont le même homme, et ce visage, cet homme, cette vie, cette oeuvre, n'en sont que plus sidérants.

Jacques Desse

PS : ce billet n'engage que son auteur.

dimanche 18 avril 2010

RIMBAUD (3)

LA PHOTOGRAPHIE INCONNUE

FIGURE EN COUVERTURE DU NOUVEAU LIVRE

de Jean-Jacques LEFRÈRE,

Rimbaud, Correspondance posthume (1891-1900),

publié par Fayard.




Un pavé scientifique qui est aussi un projet littéraire inédit et ébouriffant : réunir tout ce qui a été écrit sur un homme disparu, découvrir comment ces correspondances et écrits croisés, souvent contradictoires, dessinent le portrait en creux de l'absent, et par là faire apparaître la construction du mythe Rimbaud.

Voir le blog de Philippe Sollers, qui a l'esprit de NE PAS reproduire notre photo : cliquer ici.

vendredi 16 avril 2010

RIMBAUD suite


MERCI

pour tous vos messages et commentaires, auxquels nous ne pouvons répondre dans l'immédiat.

Une petite précision pour les quelques sceptiques ou éternels ronchons : l'identification ne s'est pas faite en un jour, mais est le fruit de plus de deux ans de recherches tous azimuths.

Plus de détails dans l'article d'Histoires littéraires, visible en ligne (le tiré-à-part est déjà épuisé).

Alban Caussé et Jacques Desse.