dimanche 19 septembre 2010

Rimbaud, Aden, 1880


L'histoire d'une photographie 

L'enquête sur la photographie de Rimbaud et l'identification progressive des personnages qui y figurent  ont permis d'accéder à de nombreux fonds d'archives jamais explorés auparavant. 

La moisson est plutôt riche...

Nous mettons à la disposition des chercheurs et des curieux un dossier de plus de 100 pages, incluant une abondante iconographie inédite, qui permet de se plonger dans le monde étonnant d'aventuriers, explorateurs et commerçants qui fut celui de Rimbaud dans sa "deuxième vie".

Le dossier est en libre consultation sur le site de
la Revue des Deux mondes,
et peut y être directement téléchargé en PDF
(cliquer ici)


samedi 18 septembre 2010

vendredi 17 septembre 2010

Rimbaud, " Plongée dans le révélateur"


Rimbaud, « Plongée dans le révélateur », Mediapart, 19.9.2010

Mediapart nous autorise à publier les commentaires de ses abonnés au dossier de la rédaction « Plongée dans le révélateur » sur la photo de Rimbaud. Nous avons souhaité les reproduire presque dans leur intégralité (à la date du 21 septembre au soir), pas seulement parce qu’ils sont plutôt enthousiastes, mais aussi parce qu’ils émanent d’un public qui n’a pas d’a priori sur la question, et qu’ils sont d’une tenue et d’une sensibilité que l’on rencontre rarement dans les commentaires sur Internet. (Nous avons abrégé sous forme d’initiales les noms des contributeurs.)

COMMENTAIRES :

- 19/09/2010 13:40 Par DT  
Passionnant 

- 19/09/2010 14:17 Par AK  
"La photographie prise sur la terrasse de l'hôtel de l'Univers d'Aden, au contraire, ne le montre nullement solitaire – il est dans un groupe –, un peu particulier mais ni inspiré ni tourmenté". 
On peut être au milieu d'un groupe et être : "lointain, effacé, distant, solitaire". Sur cette photo en particulier. 
Tout le reste de l'entretien est intéressant.

- 19/09/2010 14:36 Par AGC
Un beau titre pour cet article qui prolonge le précédent en nous plongeant, avec bonheur, dans les arcanes d'une passionnante recherche.  
De superbes photos dans la première vidéo. Vendues au kilo…

- 19/09/2010 15:01 Par D
Il devait être bon de prendre son café sur la véranda de l'Hôtel de l'Univers en aout 1880, comme j'aurais aimé être là et serrer la pince à ce bon vieux Arthur.
Merci pour cet excellent article.

- 20/09/2010 14:06 Par EC
Aout à Aden? 
Il devait faire bon, oui.
Dans les 45° le matin...

- 19/09/2010 15:10 Par KK
De quoi parle-ton? de poèsie et d'un poète ou d'une magouille spéculative sur les lambeaux et les poussières de sa vie?
Ce genre de "trouvaille" me laisse plus froid que l'hiver.

- 19/09/2010 15:18 Par SF
La photo la plus anodine, en figeant le temps, apporte avec les années de précieux renseignements.
Moi aussi, je trouve le deuxième personnage plutôt effacé et en retrait par rapport aux autres.

- 19/09/2010 15:46 Par YN
On parle ici d'un poète ayant écrit une oeuvre poétique majeure. Sa présence outre ses écrits nous est encore fascinante, lui assis à nous regarder 130 ans plus tard. La poésie est fascination profonde de l'humain face au monde, y être sensible c'est la perpétuer. Merci, un grand merci, pour cet excellent envol vers l'Afrique et la poésie.

- 19/09/2010 15:57 Par DN
Merci pour ce travail aux "fixateurs" !
Révélateur de notre histoire poétique ; mais aussi fixateur des images de cet être quasi-mythique dont les textes - que dis-je - dont la musique hors et dans les mots continue à m'enchanter ...

- 19/09/2010 16:30 Par DB
"... qui aurait du, normalement, finir à la poubelle"
et voila justement pourquoi c'est toujours une mauvaise idée de détruire ce genre de document! Car même s'il ne s'était pas agi de Rimbaud, la photo pouvait avoir un intérêt historique à d'autres titres. Et c'est d'ailleurs ce que montre l'article et les entretiens... 

- 19/09/2010 18:16 Par VP
touchée de cet article. 130 ans, ce n'est pas suffisant pour l'oubli d'un visage. Sans doute se serait-il amusé de cette postérité iconographique...
Médiapart, c'est aussi ça.

- 19/09/2010 19:55 Par GS  
Passionnant. Et vu le déchaînement des critiques lors du premier papier, presque aussi un soulagement. Pour le reste, exactement (mot pour mot) comme VP ci-dessus. Merci Patrice !

- 19/09/2010 22:31 Par TM  
Etonnante enquête et belle persévérance des "révélateurs"! Merci de nous entraîner derrière eux, cher Patrice.

- 19/09/2010 22:18 Par Patrice Beray
Merci pour vos mots.
Et oui, on parle de ce poète qui a cessé d'écrire, comme on le fait depuis cent ans à peu près. Mais là, le fait nouveau, c'est qu'on parle de l'image de ce poète qui a cessé d'écrire. Et par un étrange effet du temps, cette photo - en rien retouchée, celle-ci - survient à l'époque du numérique. Il y a l'oeuvre et il y a la légende, ce que l'on appelle parfois la vie, quand on veut faire mine de ne pas savoir qu'elle est dans l'oeuvre.
On nous reproche parfois de ne pas donner pas suite à des articles. Le sujet s'y prêtait. En tout cas, ces découvreurs s'y entendent, comme chasseurs de papillons. Et nous ne sommes sans doute pas au bout de nos surprises. Il faut le souhaiter.

- 19/09/2010 22:33 Par P
Passionnant, émouvant. Merci

- 20/09/2010 14:54 Par O  
Merci pour cet article, et pour la vidéo ! Le plus fabuleux, c'est de voir, à l'occasion de la découverte de cette photo, l'efficace du travail scientifique, l'exigence d'historiens et d'experts dans leurs recherches et leurs recoupements; travail ingrat et de longue patience, qui mobilise savoir, compétence et esprit critique pour arracher à la méconnaissance, à l'oubli, les traces testamentaires de l'archive, en tirer une lisibilité légitime. Cela nous rend un peu plus intelligents, un peu plus sensibles, denrées rares en ce moment... Quelle revanche sur l'actuel dénigrement des sachants, de la culture, de l'intellectualité : pur moment de bonheur.
Cf l'article intégral sur le site des Libraires associés

- 20/09/2010 17:05 Par B de L  
Rimbaud n'essayait-il pas en tentant de se remplir les poches à Aden de réaliser le rêve dont il parlait dans "le pauvre songe":
...
Si mon mal se résigne,
Si j'ai jamais quelque or,
Choisirai-je le Nord
Ou le Pays des Vignes ?...

- 20/09/2010 18:48 Par O  
Cette soif d'or, cet appel des horizons ivres qu'il sublime en poésie, Rimbaud ne les conçoit pas dans son coin, il les partage avec toute sa génération; sauf qu'il a la prémonition de l'échec de ce pauvre songe... L'exploration, la conquête idéalisées dans toute la littérature, les discours politiques et scientifiques conforment l'imaginaire de toute l'époque; ils ont inspiré bien des départs... Cela a donné l'horreur, l'horreur : cf Joseph Conrad. Les exactions perpétrées par la colonisation dans toute l'Afrique, ajoutées à l'esclavagisme arabe dans ses régions où il arrive, c'est précisément l'histoire du Congo de Léopold,  des aventuriers Stanley et Livingstone (entre autres) érigée en mythe glorieux... Il est d'ailleurs éclairant que, justement, l'une des photos trouvées dans la caisse où était la fameuse photo de Rimbaud, soit celle de l'embarquement de la dépouille de Livingstone, momifié et transporté en caravane jusqu'à Aden, pour être inhumé en grandes pompes à Westminster !... Depuis, la légende en a pris un coup; mais les réalités que découvre Rimbaud quand il échoue à Aden démesurent son rêve: il s'exténue à parachever l'entreprise avec un entêtement admirable, y fracasse son existence, comme tant d'autres de ses semblables acharnés à tirer le profit qu'ils peuvent... Rimbaud n'est peut-être pas assez rapace, malin, ou cynique, trop intelligent ou trop désabusé pour s'enrichir vraiment ?... Il n'a pas la surface sociale de ses employeurs successifs, ni la culture d'entreprise que donne un milieu... Ses difficultés et revers sont comparables à ceux que rencontraient ses contemporains échoués dans ces contrées, il a échappé au massacre dont mouraient la plupart, sa fin ressemble à celle de beaucoup : exténuement, fièvres, maladies en tous genres...   Les rimbaldolâtres ont simplement du mal à digérer que le poète de Charleville ait été un homme de son temps... Si cette photo nous enseigne quelque chose, c'est juste ça, et c'est énorme.

- 21/09/2010 09:29 Par PF
Autrement dit : l'oeuvre qui ouvrit notre jeunesse ( l' invention de Rimbaud, aprés que l'on eut tant baillé à Corneille, près de la fenêtre, ou du radiateur (les petits matins d'hiver), cette oeuvre ne fut-elle pas portée par un corps ? Elle le fut. Et que l'on interroge le mystére de la disparition de ce corps (et son apparition) est signe, pour moi, que l'on interroge le mystére même. 
"Révélateur", dit-on, en photo chimique, ou alchimique. 

- 21/09/2010 06:35 Par Patrice Beray
O, j'ajoute à votre tableau sur l'homme dans son temps, le fait que c'est surtout la figure plus que l'oeuvre qui a sans doute marqué les générations immédiates du poète, et durablement (d'où l'importance de la représentation du poète). La réception elle-même des poèmes de Rimbaud se produit à contre-temps, c'est une décennie après qu'il a arrêté d'écrire que la publication des Illuminations fonde pour grande partie le symbolisme. Et il y a dans ses poèmes, sur la question du vers même, déjà 'libre", dans l'écriture de Rimbaud (ses accroches narratives, ses versants hallucinatoires, cette qualité de jaillissement interne de la lumière qu'elle projette sur le monde, et non l'inverse, comme dans les toiles d'un certain Rembrandt...), bien des choses qui dépassent déjà le symbolisme. Bref, ce "passant considérable" de Mallarmé à propos de Rimbaud vaut à la fois pour l'homme et pour l'oeuvre. De quoi ne pas s'en remettre pour toujours...

- 21/09/2010 09:22 Par PF  
"En somme", d'un poéte surgi de nulle part, et de l'oeuvre surgie de nulle part, l'éclat.
Le poéte disparu dans un "désert", puis un hôpital, anonyme inconnu du grand nombre, l'oeuvre éclatante encore.
"De quoi ne pas s'en remettre pour toujours"... Jusqu'à Patti Smith et son "Radio Ethiopia". Et l'Abyssinie de l'Abitibi (au Québec). 

- 21/09/2010 12:00 Par JCL  
En chaque adulte, un disparu
– qui se retient ?

dimanche 12 septembre 2010

Le point de vue du conservateur du musée Rimbaud

 
M. Tourneux, conservateur des Ardennes et responsable du Musée Arthur-Rimbaud de Charleville-Mézières, a exprimé son avis sur la photographie de Rimbaud dans une interview donnée au quotidien L'Union, peu après que nous l'ayons rendue publique

lien vers l'article

Nous n'avions pas daté précisément la photographie, mais M. Tourneux avait vu juste, puisque l'on sait désormais qu'elle fut prise en août 1880 :

"On est en 1880, il a 25, 26 ans. Un jeune adulte. Un visage qu'on ne connaissait pas. Ce n'est plus l'adolescent immortalisé par Carjat. Ce n'est pas encore l'Européen amaigri et fatigué que l'on observe sur les quelques clichés postérieurs. Ce Rimbaud-là nous était effectivement jusqu'alors inconnu."

samedi 11 septembre 2010

L'EXPERT RIDICULE, bis

Le pétard mouillé de M. Claude Jeancolas a quand même fait grand bruit : Libé, le 13 h de France Inter, France 3 national...

De ce point de vue l'opération est réussie : la rumeur suit son chemin (déjà reprise en Inde et en Californie, nous signale-t-on...!).

Certains médias et commentateurs commencent à prendre du recul : Le Nouvel Observateur, L'Express, Libération ; Actualitte.com (Nicolas Gary), Rue 89 , La Voix du Nord , Le Figaro littéraire (17 septembre)...

Comme nous l'avions annoncé, voici de nouvelles preuves de la présence d'Henri Lucereau à Aden en même temps que Rimbaud, en août 1880.

Deux étaient bien connues (sauf de M. Jeancolas ?), deux autres sont inédites :

- Au printemps dernier, lors de précédentes attaques tout aussi infondées, nous avions indiqué que les courriers de Lucereau datés de Harar en août étaient forcément antidatés, l'explorateur se trouvant à ce moment à Aden, de l'autre côté de la Mer Rouge.

Le patron de Rimbaud lui-même l'avait noté dans ses mémoires, il y a plus d'un siècle :


Ces mémoires viennent d'être réédités avec une préface de... M. Jeancolas lui-même !


Nous avions aussi prouvé que Lucereau et l'explorateur Georges Révoil, auteur de la photographie, s'étaient bien rencontrés à Aden en août, avant le départ de Lucereau (Révoil est à Aden du 7 août au 12 septembre 1880, Lucereau environ du 3 au 20 août).

- L'information avait été publiée dans L'Exploration et de nombreux autres magazines, à l'automne 1880 (La Science populaire, Revue économique, Bulletin de la Société de Géographie de Marseille, Bulletin de la Société normande de Géographie, Bulletin de l'Union Géographique du Nord de la France, etc.)





- Nous avons depuis retrouvé une lettre inconnue de Révoil, écrite lors de son passage à Aden début 1881, dans laquelle il évoque l'assassinat de Lucereau, sa rencontre avec lui, et l'impression mitigée qu'il lui avait fait :

J’ai su […] que ma correspondance à M. Maunoir avait été publiée par l’Exploration ! Il y était question de ma rencontre à Aden avec ce malheureux Lucereau, et je ne croyais pas en exprimant les impressions que m’avait produites cette rencontre être de mauvais augure !

© Collection particulière



- Lucereau lui-même indique dans un courrier au pacha de Zeilah, dont voici une copie autographe, qu'il a enfin trouvé une "barque arabe"  pour quitter Zeilah en direction d'Aden, le 29 juillet. Il est donc arrivé à Aden dans les premiers jours d'août. Il se trouvait alors à un mois de route de Harar...



Toutes ces attaques, émanant d'une poignée de personnes mais incessantes depuis le 15 avril dernier, aboutissent toujours au même résultat : pas un seul fait, pas une seule donnée, ne contredit la présence de Rimbaud sur cette photo. Au contraire, à chaque fois, les polémiques n'ont abouti qu'à resserrer l'étau et à confirmer l'attribution. Le reste est subjectif : si certains n'ont pas envie que cet homme soit Rimbaud, grand bien leur fasse ! (Et pendant ce temps-là, la terre tourne...)

jeudi 9 septembre 2010

L'EXPERT RIDICULE

M. Claude Jeancolas a affirmé le 8 septembre dans un communiqué à l'AFP que Rimbaud ne peut se trouver sur la photo d'Aden, puisqu'y figure l'explorateur Henri Lucereau, qui aurait été absent d'Aden en août 1880, lorsque Rimbaud s'y trouvait (texte de la dépêche).

Ci-dessous, la preuve du contraire, en provenance du ministère des Affaires étrangères.

Soit M. Jeancolas est un rigolo qui ne connait pas le dossier, soit il a sciemment diffusé une fausse information. En tout état de cause, il est surtout expert, désormais, en ridicule *.

Lettre autographe d'Henry Lucereau
au consul de France à Aden, Albert Delagénière

Aden, 13 août 1880

© Archives du ministère des Affaires étrangères et européennes, Nantes
(réf. : Aden, Vice consulat, 12/PO/1/19)




* Il y a quelques mois l'expert s'était déjà illustré en déclarant sentencieusement que les personnes figurant sur la photo étaient "des touristes"... Une fois de plus, l'acharnement de quelques uns contre cette photo est assez sidérant. On en trouvera un autre exemple dans le compte-rendu d'une rencontre entre Alain Borer et les Amis de Rimbaud : blog de Loïc Bodin. Il est assez pitoyable de voir des spécialistes éminents comme Jeancolas et Borer se transformer en roquets ridicules, parce qu'on a "abimé l'image" (Jeancolas) de "leur" Rimbaud...

jeudi 17 juin 2010

Rimbaud et le Che

De nombreux observateurs, sidérés par les développements de ce dossier, nous demandent comment nous expliquons les réactions extrêmes, aussi minoritaires que profondes.

Voici l'une des raisons, à travers un exemple typique, mis en ligne dès le 18 avril, en réaction à la présentation de la photo au Grand Palais :

Non à Rimbaud adulte !
par Sheila Louinet


(…)


Ce n’est plus le mythe Rimbaud que nous observons mais la figure bien trop banale d’un homme. Aussi, nous l’affirmons catégoriquement, nous refusons ce portrait, non, ce ne peut être Arthur Rimbaud !


La déception est trop grande et nous voulons conserver à tout prix l’image d’un marcheur parti en exil le jour où ce génie a compris que l’action, la révolution, ne pourrait se faire dans la poésie.


(...)

Source : Le courant info

À ce sujet une petite note percutante de Loïc Bodin : Le Christ et Arthur Rimbaud

Et pour le reste, consultez votre dictionnaire usuel des petits travers de l'être humain (jalousie, aigreur, volonté de puissance, orgueil, etc.)

Rimbaud - Monsieur Ducoffre

Suite à la diffusion de notre communiqué du 13 juin, plusieurs sites ont pris des mesures (nous les remercions pour leur vigilance). 24 h plus tard, M. André Gunthert, responsable de Culture visuelle, annonçait dans un message public que les messages déposés sur son site sous les noms de Marie Rinaldi, Jérémie Lucereau et David Ducoffre provenaient d'une seule et même adresse IP.

Voici le message initial :

"Vérification faite, il s’avère que les soupçons d’Alban Caussé et Jacques Desse sont parfaitement fondés: les commentaires ci-dessus signés Jérémie Lucereau, Marie Rinaldi et …David Ducoffre n’ont qu’une seule et même adresse IP! Lorsqu’on veut jouer au petit jeu des masques sur internet, encore faut-il veiller à ne pas laisser des traces aussi grossières.

Un tel procédé dit tout du personnage. D’accord avec Carloman, les menaces sont superflues à l’endroit d’un petit rigolo comme Ducoffre. Il suffit que l’on sache désormais avec quel degré de sérieux apprécier ses “scoops” – ou toute annonce fracassante du même tonneau…"


M. David Ducoffre prépare une thèse sur Rimbaud, il a publié des articles sur la littérature française du XIXe siècle, en particulier dans la revue d'études rimbaldiennes Parade sauvage. Depuis le 15 avril dernier, il a tenté, au travers d'innombrables et très longs messages sur le forum www.mag4net/Rimbaud (sous le pseudonyme de David), de démontrer que Rimbaud ne figure pas sur la photo de l'Hôtel de l'Univers. La discussion, acharnée, restait alors dans le cadre normal du débat intellectuel.

Le 13 mai (5 h 44), "David" diffusait un bref message annonçant : "Incroyable, le gars sur la photo aurait été identifié et donc ne serait pas Rimbaud". Suivi d'un autre message, le 14 mai (2 h 00), tout aussi laconique, indiquant qu'il s'agirait de "Lucereau". S'ensuivit un silence d'une semaine, jusqu'à ce que l'animatrice du forum annonce avoir identifié Lucereau sur la photo, information que nous avons confirmée, ayant déjà été informés par Mme Jacqueline Sibertin-Blanc, née Lucereau (c'est l'homme debout à gauche sur le cliché).

"David" réapparut alors, donnant des informations élaborées par lui-même et M. Jacques Bienvenu, dans un déluge de messages, où il revendiqua d'ailleurs la découverte, en association avec M. Bienvenu, de la présence de Lucereau (il savait donc très bien que c'était l'homme debout à gauche). La collaboration de "David" au Forum Rimbaud, dont il était le pilier depuis 10 ans, a cessé le 5 juin.

A partir du 9 juin de fausses informations ont été diffusées sur le forum Rimbaud, dans une série de messages annonçant des révélations fracassantes, une conférence de presse, etc., sous le pseudonyme "Circeto" (qui suggèrera le 12 juin au soir qu'il s'agissait d'une sorte de canular…). Le 12 juin, très tôt le matin, une série de messages, sur plusieurs sites, a repris ces fausses informations, en ajoutant d'autres, très précises. Ces messages émanaient de divers pseudonymes -pour suggérer que plusieurs personnes intervenaient-, l'un était signé d'un vrai nom : David Ducoffre. Le lendemain, des "discussions" étaient ouvertes sur une série de forums, usant de la même méthode : mélange de vrai et de faux, destiné à semer le doute.


Monsieur Ducoffre a certes le droit de ne pas aimer cette photo ou de ne pas y croire, et de le dire. Mais il y a la manière de le faire. Nous avions très clairement annoncé que nous ne laisserions pas faire n'importe quoi, et que si des actes relevaient de la diffamation, du dénigrement, du harcèlement ou de la diffusion de fausses informations dans l'intention de nuire nous agirions pour défendre notre réputation.

Depuis plus d'un mois nous ne travaillons plus, devant nous occuper à temps plein de faire face à ces attaques incessantes, et cela a toute une série de conséquences sur notre activité et sur notre vie privée. Si nous laissions faire sans réagir, une telle campagne, si facile à mener sur Internet, pourrait finir par déconsidérer ce cliché. Or, non seulement nous avons à défendre notre réputation professionnelle, mais nous avons aussi une responsabilité vis à vis de l'acheteur de la photographie.

A ce jour, M. David Ducoffre n'a pas démenti être l'auteur des messages anonymes et mensongers diffusés les 12 et 13 juin 2010. Et, le 16 juin, il a recommencé à déposer des messages à droite et à gauche, sous son nom, reprenant divers arguments présentés précédemment, y compris dans les messages anonymes.

Alban Caussé et Jacques Desse
SARL Chez les libraires associés

Suite à la publication de ce message, Mme Magdalenat, créatrice et responsable du site mag4.net/rimbaud, sans doute blessée de ce qu'elle estime être une remise en cause de son forum, a supprimé sans préavis nos comptes, nous interdisant de répondre aux messages nous concernant, mais aussi d'en prendre connaissance. Cela dénote une conception surprenante du débat et de la liberté d'expression.

dimanche 13 juin 2010

RIMBAUD : communiqué

COMMUNIQUÉ

Des messages diffusant de fausses informations sur la photo de Rimbaud ont été postés sur différents sites, sous les noms de Lara, Marie Rinaldi, Maria Rinaldi, CédricVerbeckmoes, Jérémie, Jérémie Lucereau, Jérémie Lepetit, etc. Une partie de ces messages a été bloquée par des webmasters, pressentant la manipulation.

Ces messages proviennent d'une même personne. Ce personnage et une poignée d'autres, n'ayant pas réussi à trouver le moindre élément qui contredise la présence de Rimbaud sur ce cliché, en viennent, de manière totalement irrationnelle et irresponsable, à pratiquer la tactique de la terre brulée, par la désinformation et le harcèlement.

Précisons que cela fait deux mois que durent ces attaques, dont ce qui apparaît sur le Net n'est que la partie visible.

Par ailleurs, une nouvelle vague de messages, de même facture, a été mise en ligne ce matin 13 juin vers 5 heures sur de nombreux forums (France 2, Etudes littéraires, Macadam, Grain de sel, Partagelecture, Discutons.org…). Ces messages donnent un lien renvoyant en apparence vers le site de la revue Histoires littéraires.

L'auteur de ces manipulations aura très bientôt à rendre compte de ses actes.

Pour notre part, nous publierons prochainement un important dossier faisant le point sur l'histoire de cette photographie de Rimbaud, donnant des informations toutes récentes, ainsi que les pistes nouvelles qu'ouvre cette recherche.

Alban Caussé et Jacques Desse

Voir les suites de ce communiqué dans notre message du 17 juin

samedi 12 juin 2010

PHOTO RIMBAUD : nouvelle énigme

Le cliché ci-dessous a été pris le 11 juin à Charleville-Mézières, à quelques pas de la maison Rimbaud. Il est de mauvaise qualité, mais les deux types sur les côtés semblent être des libraires parisiens (mais la calvitie de celui de gauche n'a pas le même aspect que sur d'autres clichés connus).

Problème : qui est leur pote SDF, avec son look seventies ? Il ressemble au faux portrait de Rimbaud par Carjat-Berrichon. Une remarque : les jeunes ardennais ont souvent une implantation de cheveux très dessinée, formant une pointe sur le front. Ce n'est pas le cas ici, semble-t-il : serait-ce un touriste de passage ?



Copyright AFP / Libraires associés / Adoc-photos

mercredi 9 juin 2010

Révoil sur la photo d'Aden ?

Jean-Jacques Lefrère nous fait suivre cette communication de M. Jérémie Sibertin-Blanc, petit fils de Mme Jacqueline Sibertin-Blanc (née Lucereau), qui signala la présence de son ancêtre explorateur sur la photographie d'Aden :

"Cher Monsieur,
Je reviens de la bibliothèque historique et suis certain que le premier homme assis à l'extrémité gauche est l'explorateur Révoil. La comparaison entre le coin de table à Aden et le portrait photographique publié dans le Numa Broc (Dictionnaire des explorateurs français, p. 278) ne permet pas de conclure autrement : même âge, même finesse de visage, même barbe, même implantation des cheveux avec les tempes très largement dégarnies, même coupe de cheveux... C'est le même individu. Le portrait dans le Numa Broc, qui est d'une très grande qualité, n'est pas daté, mais doit avoir été pris peu de temps avant ou après le séjour de Révoil à Aden. La ressemblance est frappante. L'erreur d'appréciation est évidemment toujours possible dans la mesure où le visage sur le coin de table à Aden est assez lointain.
Peut-être avez vous déjà confirmé l'hypothèse. Dans ce cas ce message ne fera que conforter vos recherches.
En espérant que ces éléments s'ajouteront utilement à vos travaux,
Jérémie Sibertin-Blanc


Si la constatation faite par M. Jérémie Sibertin-Blanc est confirmée, un autre figurant du coin de table d'Aden serait identifié, précisément celui dont le matériel photographique fut utilisé... et qui ne manipula donc pas lui-même l'obturateur ! Il existe divers portraits de Révoil, qui le présentent sous des apparences assez différentes. Tout renseignement est bienvenu !


Portrait reproduit par Numa Broc, ici inversé


Un autre portrait, inconnu
Gravure d'après un autoportrait photographique de 1882-83

samedi 5 juin 2010

RIMBAUD, nouvelles informations

Nous sommes désormais en mesure de dater très précisément la photo de Rimbaud à Aden, de donner le nom du photographe qui l'a réalisée, la technique employée, et, avec une forte probabilité les noms des 7 (ou plutôt 8) personnes qui y figurent !

Ce cliché est désormais la photographie de Rimbaud sur laquelle on possède le plus de renseignements.


Son intérêt va même au-delà de ce que l'on pouvait imaginer, puisque, nous écrit André Gunthert :


"cette image n'est pas seulement un document extraordinaire du point de vue de l'histoire littéraire, c'est aussi un témoignage exceptionnel du point de vue de l'histoire de la photographie"


Jean-Jacques Lefrère publie ces informations dans un article de synthèse, en attendant la publication de notre étude avec appareil critique.

Voir l'article : Le Nouvel observateur ; L'Express ; La Quinzaine littéraire

À lire aussi, en particulier :

Deux pages sensibles de Michel Crépu dans la Revue des Deux Mondes de juin 2010

"Un autre que celui-là, où l'on eût retrouvé en palimpseste l'ange rebelle m'eût déçu ; il m'eût menti..."

Un blog qui nous avait échappé, Anagnosis, de François Gadeyne : La nouvelle photo de Rimbaud est-elle rimbaldienne ?



Joli clin d'oeil de Thalassa,
pour le forum Rimbaud

vendredi 4 juin 2010

Rimbaud à Aden, de la photo à l'icône (suite)

Rimbaud l'Africain en BD :

Le chapeau de Rimbaud, par Laurence Maurel et Christian Straboni (Akileos, juin 2010)


En voir plus : ici

Le même revu par Thalassa, pour le forum Rimbaud

vendredi 7 mai 2010

Rimbaud, nouvelles informations

* Un très intéressant dossier de 8 pages dans le Magazine littéraire du mois de juin, sur la photo et de nouveaux documents présentés au Musée Rimbaud de Charleville-Mézières (où l'on découvre, p. 17, que le bon critère pour authentifier un portrait, c'est qu'il soit plaisant !)


* "Irréductiblement cette image est vraie" : un commentaire intello mais pas idiot, par Aliette G. Certhoux, sur : la Revue des Ressources (en bas de la page)


* Une perle dans le bêtisier rimbaldien :

Claude Jeancolas (nous admirons beaucoup les 92 livres qu'il a publiés sur Rimbaud) explique, en gros, que Rimbaud ne peut pas être sur cette photo puisqu'il n'y a pas une tête de poète (au prix d'une erreur factuelle par phrase...). Et voici un scoop : la photo montre "un groupe de touristes" (revenant probablement d'une séance de plongée en mer Rouge...). À déguster ici : L'imposture de la "nouvelle" photo de Rimbaud


* Dans Le Monde du 9-10 mai 2010, "Rimbaud, le mythe et le visage",
une tribune de Jean-Jacques Lefrère, Alban Caussé et Jacques Desse :
analyse des réactions, et de nouveaux éléments d'information sur la photo

Le cliché retrouvé constitue le neuvième portrait photographique connu de l'homme aux semelles de vent. Le neuvième connu, peut-être pas le dernier... en ligne ici

* Notre témoignage sur les coulisses de cette découverte :

"Comment avez-vous trouvé la photo de Rimbaud ?", ne cesse-t-on de nous demander. A quoi je réponds le plus souvent : "En ne la cherchant pas !". En effet, nous n'avons pas "trouvé une photo de Rimbaud", mais juste un lot de photos anciennes, qui se sont avérées provenir de l'entourage de Rimbaud à Aden, et parmi lesquelles nous avons fini par identifier Rimbaud lui-même, après de longues recherches. C'était il y a plus de deux ans, un carton de livres et documents, comme nous en voyons tous les jours, sans grand intérêt à première vue...
La suite sur le site Ricochet.


* Une étude d'André Gunthert, expéditive mais stimulante : L'atelier des icônes


* Et un après-coup du journal suisse Le Temps : Rimbaud, un portrait sous tension par Luc Debraine

jeudi 6 mai 2010

RIMBAUD, réactions

Découverte de la photographie inconnue de Rimbaud adulte :


réactions et commentaires

Parmi des milliers d'articles et de commentaires (de la une du Monde à Gala, de
Dallas-News à La Voz del Sandinismo, d'Associated Press au site gay Illico, de Die Welt à Elle... en passant par le Japon, la Russie, le Vietnam, l'Albanie ou le Yemen...)

Revue de presse nationale : ici

Revue de presse internationale : ici


Quelques films et articles :

Interview filmée sympa : ici

Reportage de TF1 : ici

Reportage de France 2 : ici

Reportage de France 3 : ici

J-J. Lefrère et J. Desse (pas très à l'aise !) invités de Jean-Pierre Elkabbach pour "Bibliothèque Médicis" : ici (début de l'émission)


Des commentaires émus ou curieux :

"Mon doux, que pense-t-il ?" : pour le plaisir de l'accent québécois, émission de Christiane Charette et Robert Lévesque : Radio Canada

François Bon, Philippe Bilger ; Rimbaldissimo, librairie Dialogues, Raphaël Sorin, (d'autres suivront...)

"ce n'est rien, Rimbaud s'est envolé" - une anecdote joliment racontée sur un blog : ici

un surprenant article dans Le Canard Enchaîné, par Jean-Luc Porquet (édition du 21 avril 2010, ça ça ne se trouve pas sur le Net...!)

Il y a, désormais, un visage d'homme au revers du médaillon de ce poète de 17 ans écrit Patrice Béray ("Ah, Rimbaud, quel dur métier de vivre", accessible par abonnement sur Mediapart)

un long texte de l'écrivain Anne-Marie Garat, avec des remarques nouvelles et stimulantes : ici

un intéressant début de décryptage de la réception de la photo par Quentin Girard sur le site Slate

"L'univers est son hôtel...", conclut Philippe Sollers dans son Journal du mois (Journal du Dimanche, 25 avril 2010)

Le titre le plus spirituel : "Bonne nouvelle ? On a retrouvé le fils de Madame Rimbaud"

La palme de la polémique gratuite revient à Arrêt Sur Images de Daniel Schneidermann. Alain Korkos y annonce qu'il détient la preuve que la photo ne représente pas Rimbaud (et donc que nous sommes des escrocs). Demandez-la lui ici

Terminons sur un plus rigolo : ici

mercredi 5 mai 2010

Rimbaud sous morphing

Après le portrait robot, la photographie qui parle (âmes sensibles s'abstenir !)

(vidéos postées sur YouTube)