mercredi 28 mai 2014

Reproductions de référence des photographies de Rimbaud (3)


Nous avons enfin pu réaliser de bonnes reproductions des photographies d'Arthur Rimbaud découvertes dans les archives de Paul Claudel

Photo dite Carjat 1 (tirage d'époque, vers 1871 - ici sans le cadre)




Photo dite Carjat 2 (reproduction photographique, vers 1912, du tirage d'époque, aujourd'hui inconnu)

 


mardi 13 mai 2014

Actualités


Informations diverses

Réactions et commentaires à la découverte de photographies d'Arthur Rimbaud dans les archives de Paul Claudel :








Article de Grégoire Leménager dans Le Nouvel observateur


Entretien avec Serge Filippini, auteur de Rimbaldo, sur Decryptimages :



lundi 5 mai 2014

Découverte de documents originaux sur Rimbaud




Histoires littéraires / Indivision Paul Claudel


Communiqué : Découverte de documents originaux sur Rimbaud 



La revue Histoires littéraires publie dans sa dernière livraison (n° 57) deux articles de Jacques Desse* sur l’iconographie d’Arthur Rimbaud. L’un dresse l’inventaire des portraits de Rimbaud par sa sœur Isabelle, l’autre présente deux importants documents retrouvés dans les archives de Paul Claudel : 

Le premier est un tirage d’époque de l’un des deux portraits photographiques de Rimbaud réalisés par Carjat fin 1871. Cette photographie est, selon les témoignages des contemporains du jeune poète, la plus ressemblante de toutes. On en connaissait jusqu’ici deux épreuves d’époque : un révélé par une vente aux enchères en 1998 et un autre, en mauvais état, vendu par Sotheby’s en 2004. Ce troisième exemplaire est précieux puisque, selon les recherches de Jacques Desse, il n’a pas dû en être tiré à l’époque plus de trois ou quatre. Il provient directement de la famille Rimbaud : Isabelle Rimbaud, décédée en 1917, l’avait légué à Claudel. L’indivision Paul Claudel n’a pas l’intention de mettre en vente ce précieux document. 

© Indivision Paul Claudel



Le second document est la plus célèbre photographie de Rimbaud par Carjat, qui n’est connue qu’au travers de reproductions de copies faites vers 1900 et plus ou moins retouchées. L’original est aujourd’hui perdu et n’avait jamais été reproduit. Il s’avère que Claudel avait fait réaliser, vers 1912, une reproduction photographique de ce portrait, d’après l’exemplaire conservé dans la famille Rimbaud. Cette reproduction, de petit format et en noir et blanc, est à ce jour la plus fidèle de toutes celles qui existent. De plus, elle est la seule à montrer le carton sur lequel était monté le cliché ; il s’agit du même modèle que celui de la photographie précédente, employé par Carjat autour de 1871. Elle est restée inédite jusqu’à sa parution dans ce numéro d’Histoires littéraires.

 
 © Indivision Paul Claudel


Mise à jour :

- De meilleures reproductions ici

 - Réactions ici



* Jacques Desse est libraire d’ancien à Paris, co-découvreur de la photographie de Rimbaud à Aden publiée en 2010. Il a poursuivi depuis ses recherches sur l’iconographie de Rimbaud.

mercredi 30 avril 2014

Ce visage refermé sur soi


Parution de "Rimbaud, Celui-là qui créera Dieu" (Points / Le Seuil)

Dans sa préface, Stéphane Barsacq rapporte la réaction d'Yves Bonnefoi à la découverte de la photo de Rimbaud à Aden :

"Yves Bonnefoi, le plus libre, mais aussi le plus salubre légataire de l'esprit rimbaldien, a répondu à mes interrogations diverses : 'C'est très émouvant, cette photo en si grand contraste avec celle de Rimbaud adolescent : ce visage refermé sur soi de la vie vécue entretemps'. Ainsi, bien qu'ayant été retourné dans tous les sens, le champ critique reste-il ouvert, et les découvertes se poursuivent-elles : c'est la double preuve de la présence continue de Rimbaud."

Stéphane Barsacq revient sur cette photo dans un entretien publié sur le site Transfuge ("Rimbaud n'est pas un mythe") :

"- La photo de Rimbaud à Aden en 1880 vient d'être authentifiée. Que vous inspire ce visage méconnaissable ?"

"Je me souviens du 14 avril 2010, le jour où cette photo est apparue sur mon écran d'ordinateur pour la première fois. Ce fut une grande émotion. Il ne faisait aucun doute à qui sait voir que c'était bien là Rimbaud : Rimbaud après Rimbaud, certes, mais Rimbaud tout de même. En elle-même la photo est révélatrice : on le voit, perdu, au milieu d'êtres auxquels - aussi proche d'eux soit-il -, rien ne le rattache. Il est ailleurs comme il l'a toujours été, et comme il le fut au milieu des poètes parisiens. Ce que nous dit cette photo ? Un regard désespéré, un homme hébété : exactement ce qu'était devenu le plus grand poète après son départ au plus loin : au plus loin de soi, comme de la France, mais aussi de son espérance. On sait que cette photo a fait polémique pour des raisons assez absurdes. Elle cassait le mythe de l'adolescent éternel que la photo de Carjat a popularisé. Or, rien n'était plus nécessaire : Rimbaud n'est pas un mythe. C'est un homme de chair et de sang, un être qui a souffert, un poète qui a payé comptant : il voulait la vérité des choses au plus près de l'absolu, sans toutefois que l'absolu ne vienne à se substituer au monde tel qu'il est."




vendredi 18 avril 2014

Biométrique (suite)


Un article précis et informé de Thierry Savatier 

(Historien de l'art, auteur d'une passionnante enquête sur l'Origine du monde de Courbet)




mercredi 16 avril 2014

Rimbaldo




(Décidément !)



Sortie d'un roman inspiré par la photo de l'Hôtel de l'Univers :

"Rimbaldo", par Serge Filippini, aux éditions de la Table ronde.



"Serge Filippini imagine les deux heures qui mènent à la prise de vue. Il entrecroise les vies des six hommes et de la femme bientôt figés dans leur portrait de groupe. Qui sont-ils, ces commerçants et ces explorateurs ? Quelles obsessions, quels rêves les animent ?"





vendredi 11 avril 2014

Biométrique (2)




A propos de l’étude de M. Brice Poreau, 




Nous n’avons bien évidemment aucune qualité pour juger de la pertinence de ce travail. Cependant ses résultats ne nous surprennent guère, puisqu’ils rejoignent par d’autres voies et de manière scientifique les observations empiriques que nous avons pu effectuer à partir d’un corpus de portraits fiables et en haute définition.

Comme l'a noté un commentateur, s'il s'agissait d'un procès, l'accusé serait en mauvaise posture. Les expertises par biométrique de similarité sont régulièrement utilisées par la justice. Une similitude de 90 % entre le visage d'un suspect et celui capté par une caméra de surveillance pèserait lourd dans la balance...


Nous avons lu avec beaucoup d’intérêt les études d’identification faciale par la biométrique de similarité du Laboratoire d'Anthropologie Anatomique et de Paléopathologie de M. Raoul Perrot, entre autres :






Cette technique est particulièrement intéressante en ce qu’elle s’abstrait des notions de ressemblance intuitive et subjective mais aussi et surtout des biais introduits par la qualité de l'image et le support lui-même.



En effet, il a été procédé, avant et après la publication de la photo d’Aden, à des tests avec les logiciels de reconnaissance faciale les plus performants. Mais ceux-ci, conçus pour comparer des photographies contemporaines assez standardisées (de type photo d'identité), tiennent compte de la texture de l’image et ont du mal à gérer les déformations induites par une prise de vue non frontale, ou un flou dans le cliché, etc. Avec la biométrique, ces biais disparaissent. 


Les tests de reconnaissance faciale automatisée ont donc donné des résultats intéressants mais n'apportant ni preuve ni réfutation. Ils ont en revanche apporté quelques pistes stimulantes, que nous publierons à l’occasion.  


© Morpho / Groupe Safran


mercredi 9 avril 2014

Biométrique




L'Express révèle qu'une étude  menée par M. Brice Poreau, chercheur associé au Laboratoire d'anthropologie anatomique et de paléontologie à l'université Claude-Bernard de Lyon, vient d'établir que l'hypothèse selon laquelle c'est bien Arthur Rimbaud qui apparaît sur la photo que nous avons retrouvée est "fortement vraisemblable".
Résultat ? Entre 85 et 92% de similarité générale, pourcentage extrêmement élevé pour ce genre d'étude (la comparaison entre les deux portraits de Rimbaud par Carjat montre une similarité de 98%, preuve que l'on n'atteint jamais les 100%...) Conclusion du chercheur : "Les cinq comparaisons sont en faveur d'une forte probabilité que l'homme assis tout à droite de la photographie à expertiser soit bien Arthur Rimbaud."
En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/culture/livre/sur-la-photo-c-etait-bien-rimbaud_1507318.html#Js236EMYt4tSUr73.99
Résultat ? Entre 85 et 92% de similarité générale, pourcentage extrêmement élevé pour ce genre d'étude (la comparaison entre les deux portraits de Rimbaud par Carjat montre une similarité de 98%, preuve que l'on n'atteint jamais les 100%...) Conclusion du chercheur : "Les cinq comparaisons sont en faveur d'une forte probabilité que l'homme assis tout à droite de la photographie à expertiser soit bien Arthur Rimbaud."
En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/culture/livre/sur-la-photo-c-etait-bien-rimbaud_1507318.html#Js236EMYt4tSUr73.99

Résultat ? Entre 85 et 92% de similarité générale, pourcentage extrêmement élevé pour ce genre d'étude (la comparaison entre les deux portraits de Rimbaud par Carjat montre une similarité de 98%, preuve que l'on n'atteint jamais les 100%...)
En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/culture/livre/sur-la-photo-c-etait-bien-rimbaud_1507318.html#Js236EMYt4tSUr73.99
Entre 85 et 92% de similarité générale, pourcentage extrêmement élevé pour ce genre d'étude
En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/culture/livre/sur-la-photo-c-etait-bien-rimbaud_1507318.html#Js236EMYt4tSUr73.99

Cette étude a consisté dans la mesure de distances entre de nombreux points géométriques sur les différents portraits connus de Rimbaud et la photo d'Aden, et leur comparaison entre eux. Cette technique de biométrique par similarité est utilisée par la justice dans les cas complexes d'identification faciale (par exemple prise de vue d'une caméra de surveillance placée en surplomb). 

Selon M. Poreau, la similarité générale oscille se situe entre 84 et 92 %, pourcentage extrêmement élevé pour ce genre d'étude. Conclusion du chercheur : "Les cinq comparaisons sont en faveur d’une très forte probabilité que l’homme assis tout à droite de la photographie à expertiser soit bien Arthur Rimbaud."

Nous n'avons pas encore lu cette étude, nous donnerons le lien si elle est disponible en ligne.

associé au Laboratoire d'anthropologie anatomique et de paléontologie à l'université Claude-Bernard de Lyon, vient d'établir que l'hypothèse selon laquelle il s'agit bien d'Arthur Rimbaud est "fortement vraisemblable".
En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/culture/livre/sur-la-photo-c-etait-bien-rimbaud_1507318.html#eerbGoppwfqcJwxy.99
associé au Laboratoire d'anthropologie anatomique et de paléontologie à l'université Claude-Bernard de Lyon, vient d'établir que l'hypothèse selon laquelle il s'agit bien d'Arthur Rimbaud est "fortement vraisemblable".
En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/culture/livre/sur-la-photo-c-etait-bien-rimbaud_1507318.html#eerbGoppwfqcJwxy.99
associé au Laboratoire d'anthropologie anatomique et de paléontologie à l'université Claude-Bernard de Lyon, vient d'établir que l'hypothèse selon laquelle il s'agit bien d'Arthur Rimbaud est "fortement vraisemblable".
En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/culture/livre/sur-la-photo-c-etait-bien-rimbaud_1507318.html#eerbGoppwfqcJwxy.99
Article de Jérôme Dupuis : L'Express


Mises à jour : 

L'étude est en ligne ici : Université de Lyon 1

(Certains médias ont écrit par erreur que la similarité était de 98 % entre la photo célèbre de Carjat et celle de l'Hôtel de l'Univers, alors que dans l'étude ce pourcentage concerne les deux photographies de Carjat, vraisemblablement prises le même jour.)


Commentaires :

- Stéphane Barsacq

- Thierry Savatier

- Serge Filippini

- The Tarpeian Rock


Dans les médias : 

- Le Nouvel Observateur

- Actualitté 

- L'Union

- Le Point

- LCI (La chaine info)

- AFP 

- Livres hebdo 

- France 5

- Sciences et avenir

- Dernières Nouvelles d'Alsace


Et une réaction de rejet typique et habituelle : 

"De savoir que ce pourrait être Rimbaud sur cette photo ne soulève en moi aucune sorte d’émotion si ce n’est une furieuse colère d’avoir à apposer sur cette figure chérie de mon panthéon personnel un visage que je ne souhaitais en rien connaître." (Blog You will never hate enough).

lundi 9 septembre 2013

D'une mythologie l'autre


De nombreuses recherches sont actuellement menées autour de l'apparence et de l'iconographie de personnages célèbres, qu'il s'agisse de Mozart, Henri IV, Van Gogh ou Shakespeare (voir entre autres ici). Cela s'accompagne de remises en cause, de découvertes, parfois de polémiques assez virulentes. Le phénomène n'est donc pas propre à Rimbaud, mais plutôt lié, à notre avis, à l'évolution du statut de l'image dans nos sociétés.

Bien souvent on réalise que les personnalités les plus fameuses, et les plus étudiées, sont aussi celles dont l'iconographie est la plus mythologique. En voici un nouvel exemple avec Jeanne d'Arc, dont les portraits célèbres sont purement fantaisistes. Par exemple, toutes les images de la notice de Wikipedia sont des portraits imaginaires, et il est pour le moins audacieux de dire qu'il s'agit de Jeanne d'Arc...

En fait on ne connait qu'une représentation d'époque de la Pucelle d'Orléans, mais celle-ci a été réalisée par quelqu'un qui ne l'a jamais vue. Le visage de ce personnage nous est donc, en fait et jusqu'à plus ample informé, totalement inconnu.



Une étude intéressante sur l'évolution de cette iconographie : Françoise Michaud-Fréjaville, Images de Jeanne d’Arc : de l’orante à la sainte (en ligne ici).